Al-Bukhāriyy rapporte d'après le compagnon Abū Hurayra, que le Prophète ﷺ a dit: “L'espace entre ma maison et mon minbar est un jardin parmi les jardins du Paradis, et mon minbar est au dessus de mon bassin.” Ses dimensions sont à peu près 26 m sur 15 m et sa superficie totale est de 397 m². Pour délimiter les frontières de la Rawḍa et permettre aux visiteurs de repérer ses frontières, les colonnes qui l’entourent sont dotées de couleur et de décoration spéciales par rapport au reste de la mosquée. Ces colonnes sont revêtues de marbre blanc et sont ornées de longs rectangles marrons. Au milieu d’une colonne, il y a des cercles jaunes et à sa base des rectangles noirs et de longs rectangles vides de couleur verte ou jaune. Ces colonnes indiquent qu’il s’agit de la Rawḍa.
Dans la Rawḍa, il faut respecter certaines règles de jurisprudence qui lui sont spécifiques :
- Baisser la voix : hausser la voix est interdit en général dans toutes les mosquées et en particulier dans la mosquée du Prophète ﷺ et encore plus dans la Rawḍa. D’après al-Bukhāriyy : “j'étais assis dans la mosquée du Prophète ﷺ, lorsque j'ai reçu un petit cailloux. C’était un signe de ‘Umar ibn al-Khattâb qui m'a demandé : Va me chercher ces deux hommes. Alors je les ai ramenés. ‘Umar les a interrogés : Qui êtes-vous ou d'où venez-vous? Ils ont répondu : Nous sommes des gens de Țā’if. Alors il a dit: «Si vous étiez des gens d'ici je vous aurais frappés car vous élevez vos voix dans la mosquée du Prophète ﷺ». Al-Samhūdiyy rapporte dans son livre Wafâ’ al-wafâ’ que lorsque la Mère des croyants ‘Aïcha entendait le son que produisait la fixation de sangles ou de clous dans les maisons entourant la mosquée prophétique, elle demandait aux voisins de ne pas déranger le Prophète ﷺ.
- Les jurisconsultes de l’école chaféite stipulent qu’il n’est pas permis de réserver un emplacement dans la Rawḍa en y étalant un tapis ou autre avant d’y être présent, car c’est une façon de s'accaparer cette place et cela empêcherait les Musulmans de prier à cet endroit.
- Certains jurisconsultes stipulent que celui qui fait la prière dans la Rawḍa n’a pas le droit de cracher à sa gauche même s’il n’y avait personne à sa gauche par respect à la tombe du Prophète, bien que cracher et enterrer son crachat était autorisé ailleurs (rappelons qu’il n’ y avait pas de tapis dans les mosquées).
- Certains jurisconsultes stipulent également qu’il est recommandé pour l’imam de placer la tête du défunt à sa droite lors de la prière sauf dans la Rawḍa où il la place à sa gauche par courtoisie.
- Al-Hafidh a mentionné dans son livre « Aṭṭabaqāt » que quiconque s’assoit dans la Rawḍa et jure qu’il est au Paradis en insinuant le sens désigné par le Prophète ﷺ, en l’occurrence que la Rawḍa est une partie du Paradis, son serment n’est pas faux.
- Une grande menace est énoncée contre quiconque prête un serment mensonger sur le minbar (la chaire du Prophète ﷺ). Jābir ibn ‘Abdallah rapporte que le Prophète ﷺ a dit : “Celui qui jure d’un serment mensonger sur mon minbar-ci, ne serait-ce qu’au sujet d’un siwāk frais, qu’il se prépare à prendre sa place en Enfer”. (Bukhāriyy)



