Jābir ibn ‘Abdallah était un jeune compagnon médinois du Prophète Muḥammad ﷺ qui avait embrassé l'islam à l'âge de 15 ans. La dette de Jābir, qui est au cœur de cette histoire, provenait d'un usurier juif de Médine qui avait prêté à Jābir sur les récoltes de ses dattiers. Lorsque l'usurier vint pour récupérer son dû, Jābir n'avait aucun moyen de payer. Dans un récit de al-Bukhāriyy, Jābir raconte comment le Prophète ﷺ a été informé d’une situation difficile que subissait Jābir et s'est proposé d'intervenir en son nom. En effet, Jābir était endetté auprès d’un usurier juif de Médine qui lui avait prêté de l’argent contre la promesse de dattes que son verger devait lui apporter un an plus tard. Malheureusement, le verger n’a rien donné cette année-là, et quand l’usurier est venu réclamer son dû, Jābir n’avait pas de quoi le rembourser. Il se rendit alors auprès du Prophète ﷺ pour lui demander de l’aide. Malgré son statut de chef d'État, le Prophète ﷺ a fait le long trajet à pied jusqu'à la maison de l'usurier pour plaider la cause de Jābir, mais l'usurier a refusé de lui accorder un délai supplémentaire. Le Prophète ﷺ, touché par la détresse de Jābir, est alors allé avec lui dans son verger près de Rūma, où il a passé plusieurs heures à prier pour une solution à la dette de Jābir. C'est là que le miracle a eu lieu. Le Prophète ﷺ a supervisé la récolte des dattes, arbre par arbre, et à la fin de la journée, Jābir a pu rembourser sa dette, tout en conservant la moitié de la récolte pour lui et sa famille. Le Prophète ﷺ, ému par l'intervention divine, a affirmé avec gratitude : «J’atteste que je suis le Prophète de Dieu ». Cet épisode met en lumière la profonde compassion du Prophète Muḥammad ﷺ pour ses compagnons, et comment il consacrait son temps et son énergie pour résoudre leurs problèmes personnels, quels qu'ils soient. Le verger de Jābir, où s'est déroulée cette histoire inspirante, abritait un puits connu sous le nom de puits de Qarasah, situé sur la route du puits de Rūma. Ce lieu historique est situé entre Sal‘ et Rūma, non loin des mosquées al-Fatḥ (les sept mosquées). Le Prophète ﷺ a illustré dans cet épisode l'importance de la compassion, de la patience et de la solidarité envers les membres de sa communauté. Il a montré qu'en tant que leader, il était prêt à intervenir personnellement pour aider ceux qui étaient dans le besoin, et il a démontré la force de sa foi en Dieu, qui est intervenue pour résoudre la crise de Jābir.
Dans une autre version de l'histoire racontée par al-Bukhāriyy, la cause de la dette est expliquée : le père de Jābir, ‘Abdullāh, est mort en martyr le jour de la bataille d'Uhud et a laissé six filles et une grande dette. En effet, lors de la bataille d'Uhud, Jābir n'a pas pu participer à la défense de la ville contre l'armée mecquoise, car son père lui avait ordonné de rester pour s'occuper de ses six sœurs au cas où lui-même mourait au combat. Lorsque le temps de la récolte des dattes est venu, Jābir est allé voir le Prophète Muhammad ﷺ et a dit : "Ô Messager de Dieu, tu sais que mon père est mort en martyr le jour d'Uhud et qu'il a laissé une grande dette. Pourrais-tu intercéder pour moi auprès de mes créanciers ?"
Dans une troisième version racontée par al-Bukhāriyy, il est mentionné que le Prophète Muhammad ﷺ avait ordonné à Jābir de trier ses dattes en deux types : "Mon père ‘Abdallah ibn ‘Amr ibn Ḥarām est mort en laissant une dette. J'ai demandé au Prophète ﷺ d'intervenir auprès de mes créanciers pour qu'ils diminuent la dette, mais ils ont refusé. Le Prophète ﷺ m'a alors dit : "Va trier tes dattes en deux types, les dattes ‘Ajwa séparément, et les ‘Adhq Zayd séparément, puis envoie-moi un message." J'ai fait comme il a dit, puis je lui ai envoyé un message. Il est venu et s'est assis au milieu des dattes, puis il a dit : "Appelle les gens." Je les ai appelés et j'ai pu les payer intégralement, et il me restait des dattes comme si rien n'en avait été prélevé."
Selon al-Samhūdiyy, le verger de Jābir abritait un puits appelé le puits de Qarasah. Ce puits est situé à l'ouest des Mosquées de la Conquête (les Sept Mosquées), sur la route du puits de Rūma. Il est également mentionné que ce lieu se trouve entre Sal‘ et Rūma.
Une note importante : al-Ḥāfiz mentionne dans al-Fatḥ que dans certaines versions de l'histoire, il est écrit "Dūma" au lieu de "R" (Rūma). Il dit que cela pourrait se référer à Dūma al-Jandal. Mais il réfute cette idée en disant que cela est incorrect car Dūma al-Jandal n'avait pas été conquise à cette époque, donc il ne pouvait pas y avoir de terre appartenant à Jābir là-bas.


